Après une nuit passée à Ars auprès du saint Curé, nous arrivons à Assise le 6 août aux alentours de minuit. Un peu fourbus par le voyage, et bien impatients de nous dégourdir les jambes … !
Le lendemain, les pèlerins découvrent leurs équipes respectives. Première Messe en la Basilique Santa Chiara et jeu de découverte dans la cité d’Assise : la Route commence fort bien !
Les équipes se choisissent un nom, « en rapport avec l'Italie » selon la requête de Père Jourdain, notre aumônier. Oyez, oyez braves gens, merci d'accueillir le cru de cette année : les Domino's, les Mafiosi, les Tic Tac, les Panzani et les Corleone … Fou-rires et italiens interloqués garantis !
Au fil des jours de marche, des amitiés se nouent et surtout, chacun peut vivre une relation renforcée avec Dieu. Chaque jour, deux temps d'enseignement sur des sujets variés sont prévus : la joie chrétienne selon Benoît XVI, la mission de la femme, les vies de Saint François et de Sainte Claire, l’oraison, l’esprit de chrétienté, etc.
Durant notre Route, nous essayons de nous coordonner au mieux avec le rythme du soleil. Nous avançons nos montres de 2 heures pour nous lever à 5h du matin heure locale (7h pour nous) : les italiens n’en reviennent pas… Chaque journée commence par 20 minutes de méditation en équipe, temps propice pour se mettre en présence du Seigneur et lui offrir la journée à venir.
Nous marchons en moyenne 18km par jour et la chaleur est au rendez-vous : aussi armez bien vos gourdes ! Mais la beauté des paysages toscanes nous fait oublier les courbatures et petites souffrances quotidiennes, et immense est notre reconnaissance envers Notre Seigneur pour la beauté de Sa création …
En passant par les villes et villages jalonnant notre périple (Assise, Pérouse, Montepulciano, Pienza, Sienne), nous sommes accueillis par un peuple d'Italiens généreux et spontanés. C'est pour eux un bonheur de voir un groupe de jeunes catholiques français en pèlerinage chez eux, et leur accueil enthousiaste nous fait chaud au cœur.
A l'arrivée au bivouac, les équipes de logistique et d'intendance sont déjà sur le pied de guerre et les pèlerins peuvent s'installer pendant que les différents services s'enchaînent (cuisine, montage, veillée, répétition de chorale etc.)
La sainte Messe est célébrée selon le rit dominicain, ce qui interpelle souvent les autochtones qui nous questionnent. Quelle joie de témoigner de la beauté de la liturgie traditionnelle ! Il n’est pas rare que des italiens nous demandent un exemplaire de notre carnet liturgique en souvenir de cette « bellissima messa ».
Dans les grandes églises ou les petites chapelles, chacun peut profiter de ce temps de grâce eucharistique pour accueillir Jésus et le remercier pour ces si bons moments.
Le dîner est suivi par une veillée préparée par l'équipe du jour : couacs, quiproquos, malchance pour certains, et fou-rires pour d'autres... la prière du soir apaise enfin les cœurs et nous prépare à dormir face aux étoiles, sous le regard bienveillant de Notre Dame des Éclaireurs.
Ainsi, on ne voit pas le temps passer et c'est partagés entre la joie de toucher à notre but et la tristesse de bientôt nous séparer que nous arrivons à Sienne après 180 km de marche.
Nous chantons à tue-tête notre joie d'être chrétiens devant les siennois (et les touristes) ébahis. Après la célèbre course de chevaux, le Palio, le chapitre reçoit une grâce immense : à la Basilique Saint François on lui offre de prier Notre Seigneur présent sous forme de miracle eucharistique ! Nous nous agenouillons ainsi devant des hosties consacrées depuis 1730 et toujours intactes malgré d’incroyables péripéties … Clin d'œil du Seigneur ?
Notre dernière journée en chapitre se clôture sous un soleil radieux : « oui nous avons les traits tirés, les pieds poudreux » mais nous sommes HEUREUX !